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Publié le 25 juin 2020

Exemples de traite

Clara* et la «vraie» petite amie

Drapeau roumain
Clara* a 19 ans. Elle vit en Roumanie dans des conditions modestes. Un jour, son petit ami la convainc d'aller en Suisse pour se prostituer. Il lui dit qu'elle y gagnera 1000 francs par jour, qu'elle pourra ensuite s'acheter une maison en Roumanie et fonder une famille avec lui. Tel est le plan de départ.

« Tu gagneras 1000 francs par jour. Plus tard, tu pourras acheter une maison en Roumanie et nous pourrons fonder une famille ».
Vue de Lugano
À son arrivée à Lugano, Clara est accueillie par Nora*. C'est elle qui fournit les clients à Clara, fixe les règles et donne le rythme de travail. Clara lui donne l'argent qu'elle gagne en croyant que Nora le dépose à la banque. En réalité, Nora garde l'argent pour elle.

Un jour, Nora avoue à Clara être la «vraie» petite amie de son ami roumain.
Échange d’argent entre la victime et le trafiquant.
À partir de là, le couple contrôle Clara physiquement et psychiquement. Mais la jeune femme ne baisse pas les bras. Elle parvient à s'enfuir et à déposer plainte en Suisse et en Roumanie. Grâce à l'aide d'une ONG, elle rentre dans son pays où elle bénéficie d'une aide professionnelle.
Bâtiment de fedpol
fedpol coordonne les investigations avec les autorités roumaines. La méthode du «loverboy» n'est que l'une des manœuvres perfides employées par les trafiquants de personnes pour exploiter des jeunes femmes sexuellement et matériellement.

Sumalee*, une esclave sexuelle

Sumalee* a 26 ans lorsqu'elle quitte son village du nord de la Thaïlande pour aller chercher du travail à Bangkok. Comme beaucoup d'autres jeunes femmes qui n'ont pas vraiment d'autres choix professionnels, Sumalee décide de se prostituer.

Quartier de Soi Cowboy à Bangkok
Un jour, elle entend parler d'une femme qui pourrait lui organiser un voyage en Suisse incluant une autorisation de travail. Sumalee la contacte.

La femme prétend qu'en Suisse, elle pourra travailler dans de meilleures conditions dans un «établissement».

« En Suisse, tu pourras travailler dans de meilleures conditions dans un établissement », prétend la femme.
Aéroport de Zürich
Arrivée en Suisse, Sumalee est surveillée jour et nuit, traitée comme une esclave sexuelle et contrainte de travailler pour rembourser une dette de 30 000 francs, tandis qu'elle ne perçoit que la moitié de ses gains, l'autre moitié revenant au propriétaire de la maison close.
Complètement privées d’autodétermination, en situation de dépendance, les victimes sont traitées comme des marchandises
Sumalee n'a d'autre choix que celui d'obéir, mais le vent commence à tourner: la police cantonale et fedpol entament des investigations contre le réseau criminel sous le joug duquel Sumalee et 80 autres femmes et transsexuels sont tombés.
Plusieurs médias vont relayer le cas, ici la RTS
Les victimes ont été déplacées dans six cantons différents. Les responsables de chaque police cantonale suivent diverses pistes dans le cadre d'une enquête de grande envergure coordonnée par fedpol, ce qui permet de mettre au jour le réseau, en étroite collaboration avec l'officier de liaison posté en Thaïlande, Interpol et les autorités locales thaïlandaises.
Logo du centre d’intervention pour les femmes victimes de traite Makasi
Le Centre d'assistance aux migrantes et aux victimes de la traite des femmes (FIZ) à Zurich a largement contribué à ce succès. C'est grâce à son implication et à celle d'autres ONG que 20 des 80 victimes identifiées se sont senties suffisamment protégées pour oser raconter aux enquêteurs ce qu'elles avaient subi.

Résultats du travail des ONG :
20 des 80 victimes identifiées se sont senties suffisamment protégées
Le tribunal cantonal (Amtsgericht) de Berne
Leurs déclarations ont aussi permis de retrouver l'instigatrice à Bangkok, qui a été arrêtée à son arrivée à l'aéroport de Zurich en 2014. Elle devra répondre de ses actes devant le tribunal fin 2018. D'ici là, Sumalee est accueillie par le FIZ dans un lieu sûr. Après le jugement, elle décidera si elle souhaite rester en Suisse ou rentrer dans son pays.

* noms fictifs