Rapport annuel de fedpol 2013 – Corruption et blanchiment d'argent en point de mire

Communiqués, fedpol, 27.05.2014

Berne. En 2013, la lutte contre la grande criminalité a le plus souvent mis en évidence des cas de corruption et de blanchiment d'argent. Le rapport annuel 2013 de l'Office fédéral de la police (fedpol) démontre que la place financière suisse reste la cible de ce type d'infractions.

Après des enquêtes menées par la Police judiciaire fédérale (PJF) sous la direction du Ministère public de la Confédération (MPC), le Tribunal pénal fédéral a connu en 2013 l'un des cas les plus importants à ce jour de criminalité économique et de blanchiment d'argent, issu de la privatisation d'une société d'énergie tchèque. Les six prévenus ont été condamnés à des peines privatives de liberté de plusieurs années et à des peines pécuniaires avec sursis entre autres pour blanchiment d'argent qualifié.

Les grandes affaires de criminalité économique ont souvent des ramifications internationales complexes qui compliquent le travail d'enquête des autorités de poursuite pénale. Les informations nécessaires doivent en effet être obtenues par la voie de l'entraide judiciaire, un processus souvent long, entravé par la barrière de la langue et les différences de systèmes juridiques. Les exemples de procédures menées en 2013 démontrent que la Suisse, malgré ces difficultés, prend ses responsabilités dans la poursuite pénale internationale et met au jour des affaires de criminalité économique qui ne la concernent pas au premier chef. La Suisse indique ainsi qu'elle fait preuve de toute la détermination nécessaire pour contrer les personnes qui abusent de sa place financière.

Violences possibles en Suisse

Les enquêtes menées par la PJF en collaboration avec les autorités italiennes de poursuite pénale confirment en outre que le crime organisé a des ramifications en Suisse. Les implantations mafieuses en Italie du Nord et en Suisse présentent des ressemblances troublantes. La Ligurie, le Piémont et la Lombardie comptent depuis des décennies parmi les terrains d'opération de prédilection des organisations mafieuses italiennes. Les clans mafieux installés à proximité immédiate de la frontière étendent leur influence en Suisse et sont par conséquent restés une réelle menace en 2013. Certains éléments indiquent que des structures de la 'Ndrangheta relativement indépendantes sur le plan opérationnel se sont établies en Suisse.

Les violences publiques sont jusqu'ici restées plutôt rares en Suisse. On ne saurait toutefois les exclure à l'avenir, vu les tensions au sein de la 'Ndrangheta.

Renforcement des tâches de coordination

La PJF a, durant l'année sous revue, continué de renforcer ses tâches de coordination. Par des opérations menées en coordination avec des autorités de poursuite pénale étrangères et cantonales, elle a infligé des coups douloureux à des groupes agissant au niveau transfrontalier.

En tant qu'office central de police criminelle, la PJF est par exemple l'autorité à laquelle s'adressent les collaborateurs des polices des cantons en cas d'escroqueries comme le "coup du neveu". Elle assure la correspondance avec les autorités judiciaires suisses et étrangères et gère une plate-forme de communication interne à la police au niveau suisse. Dans le cadre du projet AJR (Armed Jewelry Robberies), elle coordonne et analyse les informations concernant des cambriolages et des vols éclairs commis dans des bijouteries en Suisse, puis les met à la disposition de toutes les autorités d'enquête suisses et étrangères concernées.

Convention conclue avec les cantons

En tant qu'office central, la PJF fournit aux cantons une structure policière de soutien aux enquêtes (observation, installations mobiles, TI, forensique, police technique et scientifique, recherches ciblées, protection des témoins, etc.), laquelle est surtout importante pour les cantons de petite et de moyenne taille. Afin d'assurer ces prestations, les cantons ont fait valoir leurs besoins légaux en la matière dans une convention conclue avec le DFJP mi-novembre 2013. Dans le cadre des procédures d'enquête du MPC, les unités de la PJF recourent elles aussi à ce soutien hautement spécialisé.

La PJF doit donc tenir compte à la fois des besoins de la Confédération et de ceux des cantons, besoins qui entrent parfois en concurrence. Dans ce contexte, les autorités de surveillance du MPC et du DFJP ont constitué en 2013 un groupe de travail commun placé sous une direction externe. Le rapport du groupe de travail, qui contient des recommandations conformes au mandat donné, a été approuvé fin janvier 2014, puis publié.

Déplacement vers les régions du djihad

A l'instar des années précédentes, la Suisse n'a pas constitué en 2013 une cible prioritaire pour les terroristes islamistes. D'après les informations de fedpol, il n'existe pas d'indices selon lesquels un attentat serait en préparation contre la Suisse. L'année sous revue met à nouveau en évidence le fait que les extrémistes violents islamistes utilisent en premier lieu la Suisse comme base arrière dans le domaine de la propagande, de la logistique et du financement. Il existe cependant un risque réel de voir des sympathisants domiciliés en Suisse se radicaliser au point de s'allier au mouvement djihadiste en Syrie. C'est surtout vers la Syrie que se tournent désormais les personnes en Europe qui rejoignent le djihad. Le retour de tels combattants peut constituer une menace concrète pour la sécurité intérieure de la Suisse. Les services traitant ces cas doivent donc tous continuer à leur porter une attention particulière.

Infos complémentaires

vers le haut Dernière modification 27.05.2014

Contact

Contact / renseignements

Service de coordination contre la traite d'êtres humains et le trafic de migrants (SCOTT)
Contact