L'extrémisme de droite: pas de péril pour las sûreté nationale, néanmoins une vigilance accrue s'impose
Communiqués, fedpol, 19.09.2000
La Police fédérale a publié lundi un rapport actualisé sur les milieux skinheads en Suisse. Le rapport conclut, qu'il n'y a pas lieu de voir aujourd'hui dans l'extrémisme de droite en général un grand péril pour la sûreté nationale. Certains développements soulèveront néanmoins des inquiétudes qui imposent une vigilance accrue.
Les skinheads dominent toujours plus la mouvance d'extrême droite dans notre pays qui, en 1999/2000, a connu une forte affluence d'adeptes, principalement en Suisse alémanique; leur noyau dur compte désormais quelque 700 personnes. Ces milieux se sont beaucoup rajeunis, une bonne partie des skinheads étant encore des mineurs. Le nombre des incidents liés à l'extrême droite a de nouveau augmenté en 1999 – après une accalmie de plusieurs années –, et poursuit sa courbe ascendante. Comme au début des années 90, le nombre des attaques contre des centres pour requérants d'asile a aussi crû, passant à onze en 1999. Plusieurs incidents graves survenus ces derniers temps et les procédures pénales consécutivement engagées mettent en évidence une augmentation de la propension à la violence.
Accomplissant sa mission, entre autres préventive, la Police fédérale n'a pas attendu pour lancer et réitérer des signaux d'alarme au sujet de cette évolution. En publiant le rapport précité, elle brosse un tableau des événements de ces dernières années et met en lumière leurs tenants et aboutissants.
Les groupements skinheads ont commencé à utiliser très activement les nouvelles technologies de l'information à des fins diverses comme, par exemple, moyen de communication rapide et secret, instrument de renforcement de la cohésion des groupes et de la communauté, canal de vente de la musique et de publications d'extrême droite, et possibilité d'accès facile pour les néophytes.
En Allemagne, des observations montrent que les organisations politiques d'extrême droite sollicitent le milieu jeune violent, comme les skinheads, voyant en lui une relève potentielle. Comme il n'existe pas en Suisse de parti politique explicitement néonazi comme en Allemagne (NPD, DVU), les skinheads suisses sont davantage politisés que dans les pays voisins et ont cherché des structures dès la fin des années 80. Après l'échec de différents mouvements, il existe aujourd'hui des indices de néo-politisation de la mouvance.
Globalement, il n'y a pas lieu de voir aujourd'hui dans l'extrémisme de droite en général, et dans la mouvance skinhead en particulier, un grand péril pour la sûreté nationale. A court, à moyen et à long terme, certains développements soulèveront néanmoins des inquiétudes qui imposent une vigilance accrue. Il faut s'attendre, à court terme, à un accroissement des activités d'extrême droite en Suisse. Le potentiel de violence et la propension à recourir à la brutalité sont également en nette augmentation. Si une figure charismatique devait s'imposer au sein de la mouvance skinhead et que des structures nationales venaient à être mises en place avec le soutien éventuel de groupes étrangers, le potentiel politique de l'extrême droite pourrait s'accroître fortement.
Le rapport peut être commandé sous forme imprimée, dans sa version française et allemande, auprès de la Police fédérale, Taubenstrasse 16, 3003 Berne.
