Les agriculteurs doivent aussi respecter la loi
Communiqués, DFJP, 15.06.2001
Le Conseil fédéral n'est pas disposé à déroger à ses principes en matière de politi-que des étrangers et à autoriser ainsi les agriculteurs à recruter de la main-d'ouvre étrangère dans les pays non-membres de l'UE. Il a précisé sa position vendredi, dans sa réponse à l'interpellation urgente du conseiller aux Etats fribourgeois Jean-Claude Cornu. Ce dernier s'était plaint du manque de travailleurs dans l'agriculture et avait relevé que les exploitations agricoles, notamment celles qui déploient des acti-vités saisonnières, se voyaient contraintes d'engager des travailleurs non qualifiés d'Europe de l'Est. Par conséquent, à défaut de solutions de rechange, certains agri-culteurs font appel aux services de "travailleurs au noir", bien que l'Union suisse des paysans condamne sévèrement ces démarches. Selon les termes de l'interpellation, si le Conseil fédéral ne cède pas, les milieux concernés n'auront d'autre choix que d'encourager le recours aux méthodes illégales et la désobéissance civique.
La politique des étrangers du Conseil fédéral vise à n'admettre des travailleurs res-sortissants d'Etats non-membres de l'UE que si cette immigration est compatible avec sa politique sociale et qu'elle contribue également au maintien d'un équilibre durable du marché du travail. Il s'agit notamment d'assurer des conditions de rému-nération et de travail équitables que ne vienne éroder le recours à une main d'oeuvre en provenance de pays pratiquant des bas salaires. Le Conseil fédéral s'y était no-tamment engagé envers le peuple suisse à l'occasion des votations sur les accords bilatéraux et sur l'initiative des 18%.
Le Conseil fédéral fait appel à la cohérence en matière de politique des étrangers
Comme il le relève dans sa réponse à la présente interpellation, le Conseil fédéral souhaite assurément un bon fonctionnement de l'agriculture. Il a conscience des dif-ficultés accrues de recrutement de personnel, en particulier dans ce secteur. Néan-moins, il n'est pas disposé à déroger à ses principes de politique des étrangers avant que tous les efforts de recrutement n'aient été déployés et, surtout, pas avant l'entrée en vigueur de l'Accord avec l'UE sur la libre circulation des personnes. Le Conseil fédéral confirme ainsi la décision qu'il a prononcée au début de ce printemps suite à la motion du conseiller national vaudois Jean Fattebert.La politique des étrangers du Conseil fédéral vise à n'admettre des travailleurs res-sortissants d'Etats non-membres de l'UE que si cette immigration est compatible avec sa politique sociale et qu'elle contribue également au maintien d'un équilibre durable du marché du travail. Il s'agit notamment d'assurer des conditions de rému-nération et de travail équitables que ne vienne éroder le recours à une main d'oeuvre en provenance de pays pratiquant des bas salaires. Le Conseil fédéral s'y était no-tamment engagé envers le peuple suisse à l'occasion des votations sur les accords bilatéraux et sur l'initiative des 18%.
